![]() À l'origine A l'origine de la haute fidélité moderne, correspondant à l'invention du cinéma parlant, la notion du haut rendement ne se posait pas : on ne disposait pas de moyens techniques permettant de concevoir des amplificateurs de fortes puissances. Par conséquent, les pionniers ont tout simplement été contraints de développer des solutions qui compensaient par la pression acoustique des haut-parleurs le déficit en watts des appareils en amont.
La solution était connue : les pavillons acoustiques que l’on utilisait sur les gramophones s’adapteront parfaitement aux haut-parleurs nouvellement inventés. Ce n'était pas un problème de dessiner des enceintes ou des pavillons très encombrants, on ne manquait pas de place derrière les écrans…
Mais l'envie de partager, l'envie d'offrir à tous la beauté sonore réservée jusqu’alors au cinéma a fait surchauffer les méninges. Louable intention indéniablement.
Transistor et enceinte close Un beau jour, le transistor ouvre l’horizon de puissances disponibles élevées. En 1956, les physiciens américains Walter Brattain, John Bardeen et William Shockley sont récompensés par le prix Nobel de physique pour l'invention du transistor dans les laboratoires Bell (USA). Quatre années plus tard, l'idée de regrouper une vingtaine de transistor sur une seule puce de silicium donne naissance au circuit intégré. Parallèlement l'invention de l'enceinte close délivrant un pseudo grave séduisant - obtenu par une masse importante d’équipages mobiles capables de forts débattements grâce à l’invention de la suspension acoustique, montés dans des petits volumes de charge – rend le rêve possible. Nous sommes en 1956. Le rendement très bas découlant du principe de charge est compensé par une puissance de moins en moins coûteuse.
L’industrie de l’enceinte acoustique prend alors le pli de la miniaturisation, grâce à ces petits haut-parleurs à résonance basse et à des équipages mobiles à fortes excursions, le tout noyé à l’arrière dans une abondante quantité de laine de verre. Mais ces équipages mobiles de haut-parleurs, inévitablement lents et peu linéaires, qui délivrent un artéfact de grave, respectent-ils les timbres dans le bas ? Pas sûr… Honorent-ils le pouls musical ? Pas sûr… Célèbrent-ils le chant des artistes ? Pas sûr…
Et cette puissance disponible à meilleur marché est-elle meilleure ? Pas sûr… Seule la foi en un progrès conquérant s'évertue à négliger quelques constats subjectifs moins heureux…
La grenouille et le bœuf À la longue, une fois l’émerveillement des premiers instants passés, on se dit que, petit c'est bien, mais pourquoi ne pas moduler les dimensions en fonction des possibilités domestiques de chacun. Ainsi, la petite enceinte commence à grossir. A prendre du volume. A utiliser de plus gros haut parleurs dans des coffrets grimpant de poignées de centilitres en poignées de centilitres. Et si le grave fait encore défaut, on ajoute un haut parleur, ou deux, ou trois. Ou un plus gros, mais toujours doté d’un équipage mobile lourd du fait des principes de charge utilisés. Conjointement, les schémas de filtres s’obscurcissent inexorablement pour ajuster les comportements très divergents de haut-parleurs de technologies variables, aux facteurs d'accélération mal accordés, aux directivités contradictoires, aux rendements disparates, aux impédances triturées… Alchimie validée par des certitudes de laboratoires, des fausses vérités objectives, des procédures techniques s’entêtant à confier la révélation du vrai aux approximations confortables du chiffre mesuré, de la physique ordinaire portée au rang de réalité objective, hélas encagée dans des modalités impuissantes face à la complexité du signal musical, face à la l’inouïe capacité de l’oreille – ce pauvre organe si discriminant - à distinguer des nuances infinitésimales… Bref, les grosses enceintes ne sont désormais le plus souvent que l’héritage de petites enceintes qui ont enflé ! Ou de petites enceintes empilées dans un même coffret pansu, c'est selon…
Le positionnement de Strad-audio Strad-audio n'a pas choisi cette voie balisée.
Strad-audio a préféré revenir aux fondamentaux de l’acoustique où une longueur d'onde ne se négocie pas à l'aune des lois du marché… Strad-audio a résolu d’accepter les contraintes imposées par des lois physiques incontournables et les respecter au mieux, explorer des principes plus difficiles, se risquer sur les chemins où même les grandes sociétés préfèrent ne pas envoyer leurs ingénieurs ; pas tant par manque de savoir faire sans doute, mais par lucidité : ces axes délicats mais impérissables de la création acoustique sont trop abscons et rigides pour être rentables au sein d'un marché voué à la nouveauté permanente.
Que penser, en effet, dans la réalité économique où sont englués la plupart des fabricants, d'enceintes qui ruineraient à long terme tout espoir de faire mieux, de faire nouveau, de faire attractif ? Qui oserait, dans ce contexte économique, présenter des produits résolument pas universels car très excluant côté électronique, résolument pas faciles car réclamant une forte envie de musique pour en apprécier la quintessence, résolument pas vendeurs car dédiés à ceux dont la passion musicale évince l'envie perpétuelle de changer de matos et son cortège autarcique de frustrations ?
Strad-audio a décidé d'essayer…
Ainsi Strad-audio n'a pas aveuglement tenu à créer des enceintes à haut rendement. Les enceintes Strad-audio ont un rendement relativement élevé parce que les approches techniques pour respecter les paramètres de rapidité, de dynamique, de nuances, bref d'expressivité, ont eu pour résultat un rendement élevé. Mais Strad-audio ne renie pas les qualités de certaines enceintes à rendement nettement plus faible. Strad-audio n'a pas besoin de désavouer les qualités des LS 3/5 pour exister…
Quelques repères épars
1925 - Le research paper de Chester W. Rice & Edward W. Kellogg chez General Electric établit les principes fondamentaux du direct-radiator loudspeaker utilisant une petite bobine associée à un cône monté sur un baffle qui délivre une gamme linéaire de fréquence médiane. Edward Wente chez Bell Labs a, de son côté, posé à peu près les mêmes principes. La charte Rice-Kellogg publie également la conception d'un amplificateur pensé pour alimenter les haut-parleurs.
1926, le système Vitaphone utilise pour le cinéma un nouveau haut-parleur développé par Bell Labs. Wente et Duras conçoivent le Western Electric 555-W couplé à un long pavillon reproduisant une bande passante de 100 à 5000 Hz amplifié par le 205 D, ampli de 10 W…
Western Electric 555-W
1928 - dépôt de brevet du haut-parleur coaxial par Herman J. Fanger certifié en 1933, composé d’un petit haut-parleur d’aigu incluant son propre diaphragme inséré dans un grand haut-parleur à cône.
Brevet Thuras bass-reflex 1929 - Dépôt de brevet par Edward. W. Kellogg officialisé en 1934, qui décrit un haut-parleur électrostatique composé de plusieurs petites cellules associées de façon à émettre du son sans aimants ou cônes ou baffles. Cette étude, ainsi que celle de 1932 déposée en Angleterre par Hans Vogt, conduiront à la mise au point du panneau Quad ESL en 1957 par Peter Walker.
1930 - Albert L. Thuras de BellLabs, dépose un brevet, officialisé en 1932 pour le principe du Bass-reflex. Jusque là, les "charges" reposaient sur un baffle pour diriger le son vers l’avant, la charge étant ouverte sur l’arrière pour libérer les fréquences grave.
1931 - Développement par Bell Labs d’une enceinte 2 voies. Les hautes fréquences sont reproduites par un petit pavillon dont la réponse s’étend de 3000 à 13000 Hz, et les graves par un cône 12 pouces avec une réponse de 50-10000 Hz dans 5 dB. En 1933, une 3 voies est développée pour le Constitution Hall. Ce système 3 voies est présenté dans les cinémas comme un reproducteur "large bande".
1933 - Au printemps 1933, dans le Constitution Hall de Washington, une démonstration est effectuée devant la National Academy of Sciences d’un système appelé "Stereophonic" par sa capacité à donner une sensation d’espace correspondant à l’équivalent de la vue stéréoscopique…
1935 - Douglas Shearer et John Hilliard de la MGM développent un système standard de reproduction qui fera sa première apparition au Loews Capitol Theater (5 000 places) à Broadway. James Lansing et le Dr. John F. Blackburn de Cal Tech étudient un système 2 voies où le H-P hautes fréquences utilise un diaphragme aluminium de 3 pouces et une gorge de 1.4 pouces. Les fréquences graves sont confiées à un haut-parleur à cône de 15 pouces.
Voice of the Theater 1940 - Paul W. Klipsch dépose le brevet, officialisé en 1943, d’un pavillon d’encoignure.
1941 - Altec Lansing Corp. naît du rachat de Lansing par Altec; Altec Service Corp (compression de "all technical") a été créée en 1938 par M. Conroe et George Carrington pour gérer les installations ERPI après sa dissolution. John Hilliard met sur le marché chez Altec Lansing, en 1945, le célébrissime système 2 voies Voice of the Theater.
1949 - W. E. Kock & F. K. Harvey chez Bell Labs développent la lentille acoustique, utilisée ensuite par James B. Lansing dans ses enceintes pour cinéma et hifi domestique.
Tweeter à dome AR-3 1953 - Arthur Janszen dépose le brevet d’un haut-parleur électrostatique de hautes fréquences.
1954 - Acoustic Research introduit la petite enceinte dite bibliothèque AR-1 qui utilise le principe de la suspension acoustique développée par le co-fondateur de la société, Edgar Villchur. L’AR-1 sera bientôt suivie par l’AR-2 et l’AR-3, en 1958, qui inaugure le tweeter à dôme.
Walker's ESL, Quad 1957 - Quad commercialise le modèle ESL 57.
1974 - Earthquake au Chinese Theater est le premier film diffusé en Sensurround développé par W. O. Watson et Richard Stumpf d’Universal : 4 grands pavillons basses fréquences posés au bas de l’écran et 2 dans chaque angle. Le modèle W fait 8 pieds de long 4 de large, 4 de profondeur, et 4 de haut.
Sensurround Le modèle C dans chaque angle est une unité de 1 pied par 5. 2 pavillons additionnels sont disposés sur une plate-forme à l’arrière de la salle. Chaque pavillon est drivé par un ampli de 1000 w piloté par un signal inaudible sur une piste optique spéciale parallèle aux 4 pistes magnétiques disposées sur le film 35 mm Panavision.
1976 - Le département de la recherche de la BBC publie le BBC RD 1976/29 report qui décrit l'étude (probablement menée par Jim Rogers, alors petite main chez Kef) et les caractéristiques d'un monitor compact de référence qui va devenir, et rester, un must incontournable, fabriqué par de nombreuses et célèbres sociétés : la LS 3/5A.
1982 - Return of the Jedi est le premier film projeté en THX sound system conçu par George Lucas & Tomlinson Holman; le THX est un système complet, ajusté à chaque salle, incluant une disposition précise de haut-parleurs idoines, d’un filtre actif et d’un protocole d’ajustage.
1996 - Le Verity Group en Angleterre crée la New Transducers Ltd, plus connue comme la NXT company, pour développer le Distributed-Mode Loudspeaker (DML).
Au départ, deux hommes aguerris qui, après des parcours singuliers, se rencontrent sur un ambitieux projet de développement d'une ligne de matériel haut de gamme, incluant électroniques diverses et enceintes…
Mais ce qui devait être un projet quasi confidentiel connaît rapidement (et même étonnamment compte tenu du petit nombre de points de vente) un beau succès commercial et surtout met en lumière qu’il y a chez de nombreux amateurs de musique – au sens noble du terme de "celui qui aime" - un fort désir, plus ou moins conscient, parfois informulé, d’une proposition définitivement autre, proposant un autre chemin que celui trop balisé par la hifi consensuelle.
Il apparaît alors clairement que, pour continuer et valider cette réussite naissante, Strad-audio doit réfléchir à se structurer différemment, changer de dimensions sans rien perdre de l'intégrité des produits, étendre prudemment le réseau vers des partenaires solidaires…
Les hésitations portaient essentiellement sur les problèmes induits par les particularités de réalisation de chaque modèle Strad-audio, même ceux en apparence les plus simples : les principes de découpage, de géométrie et d'assemblages atypiques et optimisés ne correspondent pas aux normes industrielles. Ces impératifs obligeaient à identifier une taille d'entreprise suffisante pour respecter la volonté de prix ajustés et ne pas mettre en danger la production future par déficience humaine (trop petite société ou trop spécialisée), mais suffisamment concernée pour comprendre que certaines roueries techniques parfaitement illogiques en terme de rentabilité immédiate sont absolument indispensables à la qualité acoustique des objets…
C'est chose faite : Strad-audio a identifié une entreprise partenaire de taille idéale, à la jonction de l'artisanat et de l'industrie légère, qui pourra prendre en charge chaque étape de la réalisation de tous les modèles, y compris les plus élaborés, via des moyens techniques puissants (machines à commande numérique, vastes ateliers, cabines à vernis…) pour contenir les coûts mais suffisamment souples pour s'adapter aux spécificités…
C’est pourquoi il y aura toujours du délai pour obtenir une Strad-audio ! Sans tomber dans la forfanterie qui assimile la fabrication d'une enceinte à une prouesse de lutherie, une enceinte Strad-audio exige un savoir-faire humain, des sensations dans les mains qui passeront toujours par des planifications parallèles…
Un éminent fabricant d’électroniques a défini clairement la place de Strad-audio dans le vaste panorama des enceintes mondiales : "Strad-Audio ? Les enceintes qu'on achète quand on a fait le tour de la haute-fidélité… "
Alors un peu d'attente, oui… Mais que de félicité à long terme…
- Gérard, musique et loi ; aventures musicales de tous genres, incluant les musiques de cour japonaises ! Grand voyageur, sa vie est composée d’ailleurs…
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